Nous sommes le 23 mars 2020 et il a fait soleil toute la journée
Nous sommes en guerre sanitaire contre le COVID-19 et confinés
De mon côté, je n'ai pas mis le nez en dehors de mon domicile depuis dimanche soir dernier où je suis allé voter.
Mon épouse, infirmière, ne veut pas que je m'expose, car comme j'ai fait un infarctus il y a six ans, je fait partie des personnes à risques.
Comme en tant qu'infirmière, elle doit se déplacer pour aller travailler, elle fait tout ce qui doit être fait au dehors, comme par exemple assurer le ravitaillement alimentaire. De ce fait, c'est elle qui a fait les courses jeudi dernier.
Je passe mes journées avec ma fille cadette, à faire à manger, jardiner, bricoler, la suivre dans son travail scolaire donné par la maîtresse à distance et à réfléchir au sens de la vie.
Je ne trouve pas cela difficile, au contraire, c'est agréable, c'est un autre mode de vie, et cela me prépare je pense à la retraite.
Bien sûr, le travail me manque, mais je pense que cela me passera. Ce qui est le plus difficile, c'est pas de ne pas travailler, c'est de ne pas avoir un rôle actif et utile dans la société.
Je suis devenu un assisté, et j'ai un peu de mal à l'accepter.
- Assisté parce que c'est l'état et mon employeur qui vont payer mon salaire alors que je ne travaille que 20% du temps.
- Assisté parce que c'est ma femme qui va se trouver en première ligne pour combattre la maladie des autres et s'exposer alors que je reste bien à l'abri.
Alors bien sûr, j'ai une action active, comme prendre soin de mes deux filles à la maison et faire tourner la maison, mais, je n'ai pas l'habitude de cela, et je n'ai pas été programmé pour cela.
Je suis finalement très macho mentalement, car dans mon esprit, dans mon éducation, c'est l'homme qui prend les risques, va au combat, travaille, et c'est la femme qui prend soin des enfants et fait tourner la maison.
Je pensais être loin de tout cela, mais non.
En fin de compte, bien profondément enfoui en moi, c'est comme cela qui je pense et organise ma vie.
Peut-être que cette épreuve que nous traversons tous va me transformer et m'amener à avoir plus d'empathie et de bienveillance, et ce, pas uniquement sous la forme de mots et de belles théories, mais en pratique, par des actes tous les jours auprès des miens, puis plus tard des autres.