mardi 17 mars 2020

COVID-19 Confinement J0

Nous sommes le 16 mars 2020 et c'est fait!

Nous sommes en guerre sanitaire contre le COVID-19 et confinés


La situation

Ce soir à 20h00 au JT, notre président de la république nous a expliqué que nous étions en guerre sanitaire contre le COVID-19 et que nous allons devoir restreindre au minimum nos déplacements et rester le plus possible chez nous.

Cet après-midi déjà, mon Directeur Général m'avait annoncé que j'étais en chômage partiel du fait de la pandémie.
  • Concrètement, à partir de demain, je ne vais travailler que les mercredis pour expédier les affaires courantes et le reste du temps je m'occuperais de la vie familiale pendant que ma femme, infirmière de son état, ira prendre en charge ses patients.
  • Concrètement, à partir de demain je vais toucher 85% de mon salaire, pour rester chez moi, alors que j'aurai pu travailler pour préparer l'après épidémie.

La peur

  • Est-ce que j'ai peur, et si oui de quoi ?
    • Je n'ai pas peur pour moi, je pense que ma santé, bien que cardiaque est bonne et que mon hygiène de vie et l'isolement vont me permettre de ne pas attraper ce virus, ou, si j'y étais exposé et que je le contractais, ma vie ne serait pas en danger.
  • Comment puis-je l'attraper alors que je vais rester chez moi ? 
    • Peut-être par le biais de ma femme qui elle sera sur le terrain et bien que psy, sera en contact peut-être avec des malades.
  • Est-ce que j'ai peur pour elle ?
    • Oui, d'une certaine façon. 
    • Je n'ai pas peur qu'elle décède d'une pathologie induite par le COVID-19.
    • J'ai peur qu'elle soit agressée physiquement par des patients qui auraient décompensé et qui n'auraient pas pu être pris en charge à temps par une structure hospitalière. 
    • J'ai peur qu'elle réquisitionnée et aille exercer en somatique au sein d'un hôpital et se retrouve dans une activité qu'elle n'a plus exercée depuis sa sortie d'école il y a 11 ans.
  • Est-ce que j'ai peur pour mes filles ?
    • Je n'ai pas de peur pour leur état de santé car je les sais solides et intelligentes. Je sais en revanche que cela ne va pas être facile pour elles car elles ont toutes des situations que le confinement rend difficile à vivre:
      • Un semestre de L2 à valider en ne sachant pas si les partiels vont avoir lieu et comment.
      • Un travail d'indépendante à réaliser à la maison avec des clients qui se décommandent et un enfant en bas âge à gérer.
    • Et bien d'autres choses de la vie pour toutes les 4 qui font que cette nouvelle vie va radicalement changer leur quotidien.
  • Et ma plus grande peur, quelle est-elle ?
    Cette peur est matérielle, économique:
    • Que mon entreprise ne se relève pas de cette crise sanitaire et que je me retrouve au chômage définitivement.
    • Que le gouvernement ne puisse tenir ses engagements de financement du chômage partiel ou total car il s'est trompé dans ses projections et que la crise dure plus de deux mois.
Voilà, c'est pas plus compliqué que cela, je suis dans une peur matérielle dont seul le temps à venir connaîtra le bien fondé.

Ou pas...

Quelle est la raison de ce billet ?

Tout simplement essayer de tenir un journal, MON journal, de cette situation inédite et incroyable pour un Français du 21ème siècle, pour en garder une trace pour l'avenir.

Pierre CLOSTERMANN avait tenu son journal qu'il publia après la guerre dans son "Grand Cirque", et bien, loin de moi la tentation de me comparer à lui, je tiens à tenir ici, au jour le jour, mon journal de guerre de la maison.

Après avoir participé en temps que militaire à des conflits armés sur le terrain, aujourd'hui, en tant que civil, je vais subir une guerre sanitaire où je ne peux qu'être un acteur passif.

A suivre...

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